Réflexions sur le respect envers le patient lors de la prise en charge.

Les deux fois où j’ai été hospitalisé pour une dépression, j’ai remarqué une chose un peu terrifiante, nous sommes rarement écoutés!

Dans la plupart des cas nous ne sommes entendus par les professionnels de la santé, mais pas vraiment écoutés ni compris.

Ayant expliqué les raisons principales a mon psychiatre pourquoi j’étais en dépression, la première chose qu’il me dit, ‘’ je vais vous prescrire des médicaments qui vous feront le plus grand bien, qui vous remettra sur la voie de la santé avec les idées plus claires ’’.

Même s’il avait raison en partie, j’aurais beaucoup aimé qu’il me parle en premier que nous allions chercher ensemble des pistes de solutions, qu’il me mette a contribution et ce malgré que la forme n’était pas au rendez-vous, a ce moment-là.

Ce n’est pas au moment du diagnostic que je tenais à avoir droit de parole, mais bien dès mon arrivée. C’est très frustrant de voir l’aidant et le professionnel prendre la place, ma place, dans toutes décisions sans se soucier si cela correspond a la vie que je veux vivre, mes attentes et mes aspirations. Je ne désirais pas devenir un zombie abreuvé de médicament trop lourd et souvent inadéquat.

Durant cette période de cinq semaines, trois fois la semaine, j’allais à sa rencontre et sortais avec une médication plus lourde à chaque fois, avec les effets secondaires qui allaient avec. Durant tout ce temps, pas de discussions sérieuses et encore bien moins de thérapies, tout passait par la médication.

Résultat? Rechute quatre ans plus tard avec tentative de suicide. Enfin, cette fois la j’ai été plus chanceux, enfin un psychiatre qui commença par jaser avec moi sur le pourquoi de ma venue, m’amena doucement vers des réflexions a courts et moyens termes.

Voila enfin, une personne a l’écoute et attentive, qui ne bouscule rien, progresse lentement et qui suggère une médication d’accompagnement.

Je souhaite davantage de ces docteurs et intervenants plus enclins à la discussion, disponibles et attentifs envers la personne souffrante, plutôt que de recevoir des consultations rapides et une médication trop lourde, qui correspondent nullement à notre état du moment.

Serge Larochelle, Auteur-conférencier
www.sergelarochelle.com