Maintenant, ma vie prend racine : critique de M. André Gaulin

Maintenant, ma vie prend racine

 

J’ai lu avec grand intérêt le livre de monsieur Serge Larochelle qui raconte son long combat pour prendre sa place dans le monde. C’est finalement le sens profond de ce livre qui s’en dégage, soit de se considérer soi-même comme la première personne à aimer, condition pour aimer les autres et fonctionner harmonieusement dans la société.

 

L’auteur, qui a vécu au moins deux profondes dépressions dont les causes lointaines puisaient dans son passé, en arrive à y voir plus clair à la suite des traitements qu’il accepte courageusement de subir, car s’il est aidé par des professionnels compétents de la santé mentale, il est son premier médecin.

 

Dans le récit de sa vie et de ces deux grandes dépressions qui l’amenaient au bord du suicide, monsieur Larochelle démontre bien que la dépression est une maladie, qu’elle doit être prise au sérieux même si elle ne fait pas appel à la chirurgie, et justement à cause de cela, qu’elle doit être prise en compte au titre d’une maladie, par l’État et les employeurs. En nous parlant des thérapies qu’il a suivies dans des milieux autorisés et financés, l’auteur du récit de vie illustre bien que l’on peut sortir victorieux d’un état de dépression.

 

Cette conviction fait en sorte qu’il décide de se raconter, sur la suggestion heureuse d’un psychiatre, d’abord pour voir plus clair en lui-même : l’auteur découvre alors l’importance primordiale de  la considération à s’accorder à soi-même, de se donner la première place et attention dans la vie. Cette découverte qui le libère, et lui permet de repartir à nouveau, lui fait assumer son passé et envisager l’avenir avec la conviction d’être davantage heureux et épanoui.

 

C’est pourquoi il décide aussi de travailler le journal qu’il a tenu pendant ses thérapies et d’en faire profiter celles et ceux qui, comme lui, connaissent au cours de leur vie la dépression, une maladie plus fréquente qu’il n’y parait, une maladie qui se soigne, une guérison qui rapporte non seulement à celles et ceux qui la connaissent mais à toute la société, car on ne peut être aux autres sans être d’abord à soi-même comme l’illustre Serge Larochelle dans Maintenant, ma vie prend racine.

 

Le livre de Serge Larochelle paraît chez l’éditeur «Éditions pour tous» dans la collection «Vivre pour tous», un éditeur attentif à la fonction sociale des livres. Ce récit de Serge Larochelle est écrit avec vivacité et ne manque pas d’humour malgré le sujet de fond. Il peut encourager celles et ceux qui souffrent de dépression à ne pas se sentir seuls et à recourir aux bonnes ressources disponibles dans le circuit médical.  À sa manière, Serge Larochelle viendra en support à celles et ceux qui souffrent de dépression et attirera l’attention du public sur l’importance de prendre au sérieux une maladie dont personne ne peu dire que c’est pour les autres.

 

 

                                                                      André Gaulin.